Françoise de Modes et Travaux

Françoise de Modes et Travaux

Dans les années 50, Françoise est le troisième prénom le plus répandu en France. (voir le site Journal des femmes )

Françoise Arnoul, jeune actrice française tient encore des rôles de midinette ou d’ingénue comme dans le film « Nous irons à Paris ». Françoise Sagan obtient, au rattrapage, son Bac en 1951 ! Françoise Giroud est directrice de l’édition pour le Magazine ELLE à cette même époque et va bientôt fonder l’EXPRESS avec Jean-Jacques Servan-Schreiber (en 53). Françoise Dolto fait une conférence sur le rôle des grands-parents et est déjà l’auteur de nombreux textes sur la psychologie de l’enfant et nous ne sommes qu’au début de l’année 50 ! En 1951, Françoise Chandernagor n’a que 6 ans mais est déjà une élève très attentive !

Avec ce très grand palmarès de personnalités au caractère affiné et très affirmé, ce n’est certainement pas le hasard si le magazine Modes et Travaux a rebaptisé Josette en FRANCOISE ! (voir l’article consacré à Josette de la SNF).

En Mars 1951, Le magazine « Modes & Travaux » propose une page réservée aux fillettes. Il s’agit en fait d’une page de travaux d’aiguilles qui est censé combler les attentes des petites filles désireuses de faire « comme maman » et d’apprendre à coudre ou à tricoter pour leur poupée. D’abord une page puis deux, elles seront en noir et blanc dans les années 50 puis en couleur à partir des années 60. La garde-robe à fabriquer est vaste, variée et facile à exécuter pour des petites mains d’enfant. Elle sera toujours influencée par la mode de l’époque.

L’arrivée de Françoise comme mannequin du magazine « Modes et Travaux » est annoncé dans le magazine de mars :

« Nous vous présentons Françoise que vos parents seront heureux de vous offrir pour vos Pâques si, comme nous n’en doutons pas, vous avez été sages et avez bien travaillé en classe durant ce deuxième trimestre.

Françoise est une ravissante poupée en celluloïd avec de jolis yeux en porcelaine ombrés de cils naturels spécialement conçue pour être habillée facilement. »

Toutefois et contrairement à la description faite par le magazine, Françoise ne sera jamais produite en celluloïd mais elle pouvait être en Sicoïd (acétate de cellulose produit par la SNF) et surtout en Novoïd (polystyrène imitant le celluloïd)

La poupée existait en deux versions : en Novoïd mat, avec les yeux en porcelaine (au prix de 1436 F de l’époque) ( Dans son nouveau livre, Elisabeth Chauveau écrit «  Les yeux en porcelaine sont une image littéraire et commerciale et il est peu probable qu’elle ait reçu les yeux en verre, cette matière étant déconseillée pour des raisons de sécurité. La plupart avaient des yeux rapportés en acétate de cellulose et surtout en polystyrène, en plus d’un modèle ordinaire aux yeux peints.) et en Novoïd brillant, avec yeux peints (au prix de 936 F). Ses yeux, probablement jamais en porcelaine, pouvaient être en acétate de cellulose, en polystyrène ou peints.

La poupée Françoise représente une fillette âgée de 7 à 8 ans. Elle a des cheveux courts avec une raie sur le coté. Son visage très enfantin et en vogue dans la décennie précédente commence un peu à lasser le jeune public mais surtout les parents qui la jugent désuète.

Elle porte la marque SNF dans un losange et sa taille 39. Elle a pu être (durant sa production par la SNF) en celluloïd mais elle est principalement en Novoïd.

Poupée phare des années 50, elle disparaît de la revue dans le courant de l’année 60, remplacée par Marie-Françoise……………….enfin pas tout à fait !

1998, à la demande de nombreuses petites filles nostalgiques de leur enfance, Petitcollin va satisfaire leur souhait de retrouver « leur » poupée.

Un premier surmoulage d’une tête de Françoise va voir le jour. Cependant la matière utilisée : résine de polyuréthane qui donne un aspect rugueux à la poupée est fragile et se casse facilement. Françoise a des yeux fixes dits « cristal ».

Elle a toujours le corps de Françoise en polyéthylène.

En 2000, Petitcollin va repenser complètement le moule de Françoise et la fabriquera désormais en chlorure de polyvinyle durci. Le nouveau visage est un peu plus grand. Françoise a les yeux fixes mais il existe un modèle yeux peints. Françoise est proposée en matière mate ou brillante.

Petitcollin a décidé d’arrêter la production de Françoise en 2011…………

Est-ce vraiment la fin de Françoise………….qui le sait ?

Gauche = Tête en résine de Polyuréthane

Milieu = Tête en Novoïd

Droite = PVC durci

Isabelle D.

Photos :

Collection Isabelle D.

Collection Monique B.

Collection particulière

Biographie :

CHAUVEAU Elisabeth, Poupées et bébés en celluloïd, Cent ans d’histoire de la poupée française (1881-1979), Nouvelle édition entièrement refondue et mise à jour Paris – Edition du Dauphin – Paris 2011 - 215 pages, Photos en couleur et en noir et blanc.

CHAUVEAU Elisabeth et LACROIX Yvan, Petitcollin, le baigneur de notre enfance, Histoire d’une fabrique de poupées et de Jouets depuis 1960. Edition du Dauphine -Paris 2006 - 202 pages - photos couleurs

Sources :

CERP – Petit courrier n° 95 du printemps 2011 – in Josette, poupée de la SNF –d’ Elisabeth Chauveau

Corps, bras et jambe de Françoise en Novoïd (gris-orangé foncé)

Corps, bras et jambe de Françoise et Marie-Françoise en Polyéthylène (rose clair)

 

 

Moulage de tête de Françoise (1998)

Photos prêtées par Mr Yvan Lacroix, directeur de PETITCOLLIN

 

 

Tête en PVC avec signature Peticollin

Merci à Elisabeth Chauveau pour le prêt de photos et de documentation.

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